470 9 juillet 2015
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Fluide Glacial  Attention : traverse de pourristes.
Couv. : Julien Lois | 84 pages | 4€90
9 juillet 2015
  Julien Lois
Attention : traversée de pourristes.
Vacances (haha) donc.
Embouteillages, chien à l'orée du bois, vomi sur banquette, pluie, camping, boue, restaurants dégueus, plages bondées, coups de soleil, odeur d'huile, cris le soir, cris le matin, odeur de merde dans les douches, manque cruel de papier hygiénique, panne d'essence, pluie, bal pathétique, sangria à la pêche, téléphone sans réseau, boue, caravane, tente, pluie, pipi dans la mer, mst, pluie, attache caravane, péages, embouteillages, chien mort, banlieue, pluie, pluie, pluie.

Dodo dans le salon.

Vivement les prochaines vacances.
Avec ce mois-ci dedans→ Aranega, Lindingre, Witko, Bernstein, Goossens, Lefred, Felder, Cizo, M. Le Chien, Fioretto, Trapier, Dutreix, Bouilhac, Raynal, Zanello, Isa, Oncle Gilbert, Vandermeulen, Jackie Berroyer, Besseron, Sourdrille, F©, Berberian, Mo/cdm, Pluttark, Philippe Sohier, Terreur Graphique, Salch, Reuzé, Fayol, Thiriet, J-C Menu, Casoar, El Diablo, Ostermann, Haudiquet, Pochep, Libon, Marchalot, Pixel Vengeur, Julien Loïs


Fluide Glacial Mensuel N°471
Fluide Glacial Mensuel N°469

l'Édito
Quand ils paradaient dans leur pharmacie la frime brun caca en plein mois de février,
par Yan Lindingre
leurs clients un peu péquenots leur demandaient : "Vous revenez de croisière ?"
"Mais non", répondait la pharmacienne, "nous étions aux spooooorts d'hiver !"
Et d'en rajouter des caisses avec force "Courchevel, neige splendide, gens formidables, simples mais authentiques" que son mari ponctuait par de petits "un temps magnifique, des équipements ultra-modernes... Roseline, nous avons reçu les condoms-superminus pour monsieur Aranega ?"
Ça me faisait rêver, moi, tant de bonheur, quand j'étais môme. Alors dès que j'ai gagné ma croûte, j'ai voulu faire découvrir à ma petite famille le paradis enchanté des pharmaciens...
Sauf que, pour moi, ça s'est pas traduit en "je tire ma trace dans la poudreuse, je tourne mon croûton dans la fondue au vin jaune, je sable le champagne à 4 000 mètres". Non, moi ça a plutôt donné ça : "Bon Dieu de merde de putain de chaînes de merde." La calandre du monospace de beauf plantée dans la congère, la nuit qui tombe, mes deux mains gauches gelées et mon demi-cerveau pour tenter vainement d'enchaîner ces cons de pneus "pas neige" récalcitrants (ah que je plains les marchands d'esclaves !). Oublions l'épisode du remorquage... j'en viens direct aux six jours à garder mes deux mômes malades de la grippe parqués dans la piaule de location, mon nez collé aux vitres à tenter d'apercevoir la rambarde du balcon à travers le brouillard opaque et à maudire les pharmacos.

Alors je me disa, tant pis ! J'emmènerai bientôt ma smala aux sports d'été, cet été. Ce que je fesa ! Au programme triathlon plagique : ballon, bouée Goldorak et épuisette. Faut pas chercher à trahir sa classe, hein ! A plouc vaillant, vacances de ploucs. On a pris la bagnole en plein cagnard direction l'Adriatique. Je passe sur les 5 heures de bouchon au pied du Soleil de Langres, sur l'épisode de la roue de secours (j'étais encore sorti sans ma cartebotte "increvable"). On arrive donc un beau jour à Rimini. Premier bain de mer en famille (dernier, donc), suivi d'un casse-dalle au bord de la plage. Petites sardines grillées, tomates séchées, jaja pour papa et maman, de l'eau du robinet pour les mômes. Pas de sodas hein, c'est plein de sucres !
Du statut de touristes, on passe rapido à celui de tourista. Le saviez-vous : "gastro-entérite" se dit "gastroenterite" en italien. C'est toujours bon à savoir. Sinon, pour le commun des cagueurs, "chiasse" se traduit tout bonnement par "cagarelle". Les mômes nous ont balancé en pleine nuit un festival de courante qui confinait au glissement de terrain ! Quelque chose entre du Hans Hartung et du Jackson Pollock parcourait les toiles blanches des plumards... En plein écopage, ma femme part en vrille. Elle m'accuse d'avoir commandé au resto des trucs qui rendent malade, qu'elle le savait bien elle que ça finirait comme ça, mais qu'elle a pas osé me le dire pour pas me contrarier (alors que l'eau du robinet, c'était bien son idée, la vache). On s'engueule à mort, évidemment.

Boum ! Boum ! tambourine le voisin en me braillant contrealto dans la langue de Goethe qu'il est en vacances et qu'il aimerait bien dormir : "Schlaffen jetzt" !!! Ni eins, ni zwei, je te lui réponds dans un salmigondis proto-germanique un truc à base de "ta gueule, Panzer, sale SS", etc.

Boum ! Boum ! fait son gros poing sur ma tête après avoir explosé comme de la Scheiss le verrou de la porte de la chambre. Décidément, son physique ne colle pas avec sa petite voix haut perchée, me dis-je une fois qu'il en a terminé avec moi et mon impolitesse de "Schwein Französ''".

Le lendemain, à la farmacia, je demande de l'anti-chiasse pour les mômes et des pansements pour mon arcade sourcilière lâchement assassinée par les barbares nazis.

Puisque finalement toutes bonnes vacances se commencent et se terminent chez l'apothicaire !
Chef du camping

 Quelques images qui bougent du bouclage du 4 juin 2015
 Vidéos de bouclage : totodernoncourt